C'était il y a un an déjà.

   C'était il y a un an déjà.

"Il y a ceux qui mettent une majuscule à la Danse,
et il a ceux qui n'en mettent pas."


# Posté le mardi 03 novembre 2009 04:37

Modifié le mardi 03 novembre 2009 04:48

«Les gens ne croient plus à la mort. Ils croient à l'usure.» Sagan

  «Les gens ne croient plus à la mort. Ils croient à l'usure.»  Sagan


Un grand mur. Un grand mur caché par des tonnes de bouquins. Caché par d'inombrables mots. J'y déposerais un à un tous les livres et toutes les pages que mes doigts ont délicatement où avec empressement tournés. J'étalerais la paume de ma main sur leurs couvertures pour y enlever la poussière, pour nettoyer ce que le temps à rapidement recouvert. Je regarderais avec désespoir mais aussi avec ce sourire en coin, ces bouquins que j'aurais comme à mon habitude enmenés partout et qui en auront souffert. J'en réouvrirais certains, et relisant silencieusement pour une fois, ces phrases que d'un coup de crayons j'aurais encadrées. Je m'étonnerais surement de certaines lectures, et qui pourtant m'auront marqués, et je le sais aussi transfomés. Ce sera un peu comme des photos, je les regarderais avec mélancolies et avec des souvenirs précis mais un contexte vague. J'aurais la preuve de mon évolution, et la mélancolie du temps qui passe applatie entre ces pages. J'aurais par eux, le souvenir de ces mots-là, des votres et des miens, de ceux qui ne se publient qu'ici, et qui s'effacent pour l'infinit. J'aurais toutes ces phrases dans la boule qui se trouvera dans ma gorge, dans les lignes de mes mains, sur le bout des doigts. J'aurais ces pages froissés, salis et vieilles pour me raccrocher à cet endrois. Peut-être aurais-je la Danse au creux des reins, et une satisfaction sur les lèvres.


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# Posté le lundi 26 octobre 2009 10:20

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Vous voyez, il y a des soirs comme ça où j'ai la sensation d'être passé à côté de ma vie.
[...]


Tu vois je suis là, minablement assise sur ce fauteuil noir. A croire que je ne sais faire que ça : "être minable". J'ai encore mon justaucorps, mes collants et mon chignon. Et tu sais quoi, j'aimerais encore avoir la Danse en moi. Je suis avachis, mon ventre se transforme en de gros bourlets, et mon dos est courbé. Pendant une heure et demie, je ne fais qu'effacer la confiance pour laisser place à l'incertitude. J'ai dansé comme si je n'en avais pas eu envie, bouffé par la peur de l'erreur. "C'est la fatigue, c'est un passage.", non je ne veux pas et je ne peux pas. Je ne peux pas laisser ces deux choses me voler mon moment de plaisir, m'envahir toute entière pour faire de moi la danseuse la plus médiocre. Allez vas-y Margot rassure-toi. C'est difficile d'être seule. Il n'y a que vos mots, vos images et votre Passion. Il n'y a que ça, parce que le jeudi matin je n'ai personne pour en parler, personne pour me demander si ça c'est bien passé. Je n'ai personne avec qui, tous les jours, je peux imaginer la Danse. Elle est là toute la journée dans ma tête et dans mon coeur, et c'est comme un amour caché; je ne peux pas en parler, parce que non les autres, mes amis pourtant ne comprennent pas. Je dois me rassurer seule, m'aider toute seule, pleurer toute seule. Je dois avancer seule. Sans rien dire, mais en faisant beaucoup. Parce que si il n'y a que ça qui me tient, alors c'est cela que je dois reussir, vraiment. Alors tu vois je suis sur ce fauteuil et on pourrait penser que je ne fais rien, rien. Mais en réalité j'aime et j'espère. Parfois je baisse les bras, et parfois je me prends en main.

Ca n'a même plus de forme, même plus une lueur de beauté.

# Posté le lundi 19 octobre 2009 15:37

Modifié le mercredi 21 octobre 2009 15:03

"C'était différent, et différement beau."

"C'était différent, et différement beau."


Je viens de relire quelques mots. J'ai bu ce que j'avais agréablement goûté il y quelques temps, et dont je m'étais imprégné. Vous voyez, j'ai retourné les pages que chaque jour j'appréciais découvrir.
Je me suis étonné moi-même d'y trouver un sens nouveau qui m'avait échappé. J'ai retrouvé des images stockés dans un dossiers, et que chacune j'associait à l'une de vous. Un dossier nommé "Danse", que les images la représentent ou non. J'ai attaché la plus grande importance au moindre petit mot. Je les ai accompagnés de la plus belle musique, et je leur ai confié ma plus grande concentration.
Je me suis fais un festin de mots, et je vous promets qu'il n'y a rien de meilleur. Ces milliers de saveurs donc de sentiments différents, et eux-mêmes uniques. Il y a les ingrédients qu'on décortique, ceux qui vous émoustillent, où encore ceux qui vous font mal au coeur. Il y aussi les inconnus, ceux qu'on avait oubliés, et puis les ingrédients auxquels nous sommes habitués.
C'était comme un repas où vous retrouvez des gens perdus de vue depuis des années, c'était joyeux et mélancolique. C'était du renouveau.


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# Posté le samedi 17 octobre 2009 12:13

Modifié le dimanche 18 octobre 2009 15:12

"Un verbe revenait toujours dans sa bouche, c'était le verbe 'Fulfill' (combler). 'I want to fulfill my life', disait-il. Et pour 'fulfill this life', il y avait eu, il y avait, et il y aura toujours la Danse, son Art. Il parlait de son Art avec ce respect inquiet des sauvages parlant de leurs totems."

"Un verbe revenait toujours dans sa bouche, c'était le verbe 'Fulfill' (combler). 'I want to fulfill my life', disait-il. Et pour 'fulfill this life', il y avait eu, il y avait, et il y aura toujours la Danse, son Art. Il parlait de son Art avec ce respect inquiet des sauvages parlant de leurs totems."


Là-bas j'ai tout le Bonheur qu'il me faut. J'ai la Danse. J'ai la barre, le sol, le mirroir, des autres danseurs et une professeur que j'admire profondément. J'ai le lieu le plus approprié pour entretenir la Passion. J'apprivoise la technnique, la confiance, et j'ai dès le premier jour éprouvé un incompréhensible plaisir.
Et pourtant ça ne se voit pas. J'ai toujours gardé au plus profond de moi ce secret qu'est la Danse. Je l'ai protégé pour ne pas l'user ni le salir. Et aujourd'hui, même si elle le sait, même si elle est consciente de cette réelle Passion, elle n'a pas le plaisir de voir un sourire discret lorsque je danse.
Je suis déterminé, et je m'accroche à la technique, perdant toute notion de "liberté". Je ne suis jamais sûr, et je ne prends pas ce temps d'interpréter vraiment. Et je me sens bien pourtant. J'apprécie la sueur, la douleur, la rigueur que me donne la Danse. Mais je ne suis pas capable de l'exprimer. Mais merde, c'est ça la Danse, c'est l'expression avant tout, avant la technique, les costumes, la beauté.
C'est mon coeur qui bat pour elle, c'est mon sang qui s'agite quand je danse, c'est les longs moments où j'ai le temps de me faire belle pour elle. C'est ce plaisir inexprimable que je dois traduire.
"Belle", c'est sourire, c'est aimer et savoir le montrer. C'est pour une fois, pouvoir "parler" de cette amour.

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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 13:33

Modifié le vendredi 16 octobre 2009 16:03

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J'ai envie de pleurer la Danse.
J'ai envie de l'aimer très fort.
J'ai envie de la créer.
J'ai envie de savoir l'éxécuter comme si je l'avais inventée.
J'ai envie de la manger.
J'ai envie de la soigner.
J'ai envie de la serrer dans mes bras.
J'ai envie de l'embrasser.
J'ai envie d'en peindre mon corps tout entier.
J'ai envie de la regarder.
J'ai envie de la coiffer.
J'ai envie de l'amuser.
J'ai envie de la faire voyager.
J'ai envie de l'habiller.
J'ai envie de l'écrire.
J'ai envie de la lire.
J'ai envie de la prier.
J'ai envie de lui sourire.
J'ai envie de la cacher.
J'ai envie de la dessiner.
J'ai envie de la boire.
J'ai envie d'en être soûl.
J'ai envie de la fêter.

J'ai envie d'en parler.
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# Posté le jeudi 08 octobre 2009 15:27

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Elle s'est installée au piano dans l'agrandissement. De toute son élégance, et dans une très belle robe, elle a éffleuré le piano. Nous lui avons supplié de jouer Yann Tiersen. Et elle a commencé. Elle a enchainé ces notes avec une telle facilité, et une telle aisance, et moi je filmais sans vraiment y croire. Mes pieds s'agitaient, mimant des mouvement que mon corps bouffe souvent. J'aurais pu danser, là, ici, j'aurais pu leur montrer, j'aurais pu lever mes bras en couronne au dessus de mon carré bien lissé. Mais mes pieds se sont contentés de petits jetés, et des minuscules pas de bourré. Et puis je l'ai regardé avec un regard souriant et je lui ai dit en riant "Virginie, est ce que lorsque j'aurais un studio de Danse tu voudras venir jouer du piano pour mes cours de classique ?". Elle a accepté un peu naivement. Putain comme c'est fou la vie. Comme c'est beau et imprévisible. Je donnerais tout mon être, pour voir cette question devenir réalité. Pour pouvoir Danser à jamais, et pour pouvoir faire de cette amie, un des êtres chers de ma vie. Je l'a vois tellement là, face à un piano noir, en robe de couleur identique avec une étole grise et ses cheveux naturellement lâchés. Moi debout à ses côtés, entourés d'enfants agités, ou de beaux adolescents passionnés.

# Posté le jeudi 03 septembre 2009 14:42

Modifié le samedi 26 septembre 2009 11:00